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First Donors' Conference for Kosovo
Brussels, July 28, 1999


1ere Conférence des donateurs sur le Kosovo

Déclaration de la Commission Europeene

Déclaration de la Commission Europeene

Comme pour la reconstruction de la Bosnie-Herzégovine, la Commission et la Banque mondiale établissent, en liaison avec la BEI, les autres donateurs et les IFIs, pour le Kosovo et les autres régions affectées par le conflit, des plans d’ensemble a l’intérieur desquels les divers instruments de soutien a la reconstruction et au développement économique sont coordonnés.


I. Objet de la Conférence

Cette premiere Conférence des donateurs (organisée par la Commission et la Banque mondiale) se concentrera sur quatre points :

  • Les besoins immédiats liés au retour des réfugiés. Il s’agit de compléter les financements pour les actions d’urgence a caractere humnaitaire pour couvrir les prochains mois, notamment cet hiver.

  • Les besoins liés a la reconstruction « physique » du Kosovo. A l’aide de l’évaluation conduite pour le compte de la Commission européenne (rapport de l’IMG), nous procéderons a une discussion sur l’ampleur des dommages subis, notamment les logements et les infrastructures locales et la façon dont cette évaluation devra etre traduite en un programme d’investissement et de financement. A cette occasion, nous souhaiterions procéder a un recensement des actions en cours en vue de préparer une « pledging conference » en octobre prochain sur la base d’un plan d’ensemble de reconstruction du Kosovo.

  • Les besoins liés a l’établissement d’une administration publique et le démarrage des services publics, notamment par l’intermédiaire du «Trust Fund » des Nations Unies.

  • Les besoins pour relancer le développement économique du Kosovo. La Banque mondiale a élaboré un premier document d’analyse.


II. La reconstruction du Kosovo.

En complément de l’aide humanitaire apportée par ECHO (Euro 378 millions), une large part de la reconstruction sera assumée par l’Union européenne au travers du programme OBNOVA (terme serbo-croate signifiant reconstruction).

La premiere estimation des besoins de reconstruction « physique » (logement et infrastructure de base) réalisée pour le compte de la Commission vient d’etre remise par «l’International Management Group ». Le rapport complet vous a été remis ce matin meme.

Ce rapport est concentré sur l’ampleur et le cout de la réparation rapide des maisons et sur les infrastructures locales de base pour permettre le retour de l’ensemble des réfugiés avant le début de l’hiver. Il sera suivi d’un rapport complémentaire dans quelques mois sur le cout global de la reconstruction.

S’agissant des équipements scolaires, IMG estime qu’ils ont souvent été pris délibérément pour cibles. Beaucoup ont été pillés et brulés. Un bareme a été défini pour leur réhabilitation en fonction des dégâts, de meme que pour les installations sanitaires ; quelques dispensaires restent encore en état de fonctionnement, mais pour des soins élémentaires. Beaucoup de villages ont été privés d’électricité pendant le conflit ; la réhabilitation des installations électriques comprend plusieurs éléments : transformateurs, câbles, raccords aux maisons, lignes a haute tension, ….En ce qui concerne l’approvisionnement en eau, IMG n’a considéré que le cout de reconstruction/réhabilitation des puits collectifs, en fonction du nombre d’habitations desservies. S’agissant des transports, IMG estime que les routes ont plus souffert du manque d’entretien que des effets directs de la guerre ; 13 ponts détruits ont été considérés (cout estimé de leur reconstruction : euro 9 millions) ; la remise en état de l’aéroport de Pristina est estimée a Euro 10 millions et devrait etre réalisée dans les deux années a venir.

Les principales conclusions qui doivent nous guider aujourd’hui sont les suivantes :

Sue les 206.150 maisons qui ont été vérifiées dans 1400 villages, pres de 120.000 maisons sont endommagées, dont plus d’un tiers gravement. Le cout total estimé de leur réparation est de Euro 1,12 millards.

Sur ce total, une partie sera reconstruite par les kosovars eux-memes, soit 25 a 30%. Les besoins financiers pour la reconstruction physique (logements) seraienet alors de pres de Euro 700 millions.

A cela s’ajoute une premiere estimation des travaux a effectuer d’urgence sur les écoles (20 M Euro), les dispensaires et hôpitaux (4M Euro), l’ électricité rurale (9,6 M Euro) et le transport (31, 5 M Euro).

Soit un total de pres de 800 millions d’Euros pour la reconstruction physique.

Les besoins fianciers d’ici la fin de l’année 1999 sont estimés a quelques 300 M Euros.

Ainsi, les besoins liés a la reconstruction des logements devraient etre moins élevés que prévu. Les besoins liés a la mise en état des infrastructures lourdes de base restent cependant a déterminer sur base d’une analyse économique approfondie. En revanche, l’absence d’institutions qui n’avait pas été évalué a ce point aussi critique, nécessitera un soutien financier tres important.

En effet, le Kosovo, ne possede aujourd’hui aucune structure institutionnelle, les Kosovars eux-memes ne savent quel modele suivre. Outre la question d’une autorité politique légitime, la sécurité, au sens large, doit etre améliorée et une structure administrative doit etre mise en place. Le recrutement et la formation d’une police civile ont débuté, un important soutien technique et financier est toutefois nécessaire a cet égard. La structure administrative est encore plus problématique ; des admistrateurs de district (étrangers) ont été mis en fonction ce qui permet la mise en place d’une administration de base d’ici l’automne. La priorité est toutefois d’obtenir des experts de longue durée (administrateurs nationaux) pour encadrer l’embryon d’administration kosovare et la développer. La Commission, sur base de l’expérience acquise en matiere d’appui aux collectivités locales et a l’adminstration centrale des pays candidats d’Europe centrale et orientale (programme de « jumelage ») fournira une assistance a cet effet.


III. Actions de reconstruction déja entreprises par l’Union européenne

Pour cette année, la Commission a déja mobilisé Euro 45 millions pour faire face aux besoins les plus urgents. Une enveloppe supplémentaire de 92 millions est prévue pour l’automne (en complément des Euros 378 millions alloués par ECHO au titre de l’aide humanitaire).

L’agence pour la reconstruction sera l’instrument de mise en ouvre du programme OBNOVA pour le Kosovo. Ultérieurement, elle pourra etre mandatée pour exécuter les programmes de reconstruction dans d’autres régions de la République Fédérale de Yougoslavie selons les décisions politique prises a cet égard (la Serbie en particulier), notamment dans le cadre du Pacte de Stabilité. L’agence pourra aussi exécuter des programmes d’autres donateurs. La Suisse, la Turquie et le Japon nous ont déja approché a cet effet.

La Commission a constitué une Task Force temporaire, qui préfigurera l’Agence et est opérationnelle a Pristina depuis le début du mois de juillet.

Les premiers projets engagés comprennent :

  • La fourniture de matériaux pour la reconstruction des habitations et de bâtiments publics : 14 M Euro.

  • Le soutien au fonctionnement des entreprises publiques : 9 M Euro

  • Le déminage : 4 M Euro

  • La restauration d’un Service des douanes : 3M Euro
    Il permettra la perception des droits de douane qui alimenteront le Budget de la région et restaurera la confiance dans l’administration des frontieres de la région en vue d’encourager le retour des derniers réfugiés.

  • La création d’emplois dans les villages et reconstruction des bâtiments publics : 4.5 M Euro
    Le soutien a l’emploi local dans les villages au travers de petits travaux d’utilité collective (nettoyage, enlevement des vestiges laissés par le conflit, déploiement des lignes électriques, reconstruction des écoles, réparation des routes,…).

  • De petites opérations de soutien d’urgence : 1M Euro

  • L’identification des dommages : 3.5 M Euro

  • Une assistance technique : 6 M Euro

  • La réhabilitation de l’hôpital de Mitrovica, situé dans une zone sensible ou sont représentées les entités serbes et albanaises et qui comporte un personnel mixte. Sa restauration et son administration deviendra rapidement une réalisation significative de la volonté des deux communautés de travailler ensemble.

Ces actions de reconstruction seront mises en ouvre en coordination avec l’administration civile provisoire du Kosovo opérée par l’UNMIK. J’ai d’ailleurs présenté ces projets la semaine derniere au Haut représentant, M. Bernard Kouchner, lors d’une mission a Pristina. A cette occasion, nous avons également discuté des principes qui doivent orienter notre action. En effet, le souci de la Commission est d’impliquer le plus possible les habitants et expert locaux. Ainsi, les matériaux seront obtenus dans toute la mesure du possible aupres de fournisseur locaux et distribués par les Conseils municipaux. Cette formule permet un développement économique local et d’encourager les communautés a se rapprocher pour définir les bénéficiares prioritaires et élaborer les plans de distribution. Il sera fait appel aux ONG pour assurer un rôle de surveillance des projets. Le Haut représentant a marqué son accord sur ce schéma d’intervention.

Une autre priorité est de monter rapidement des mécanismes de crédit adaptés, tel que le crédit pour la production agricolee et les micro-crédits en faveur des petites entreprises. Il convient a cet égard d’aider le pays a construire une économie adaptée a son environnement et a ses possibilités.

Pour l’année prochaine, la Commission a proposé d’engager un programme de Euro 500 millions. A cet effet, nous avons demandé a l’UNMIK d’apporter des réponses a un certain nombre de questions encore ouvertes telles que : le type de budget qui sera mis en place par l’administration provisoire du Kosovo, les sources de revenus attendus, le type de salaires qui devront etre financés et les rapports avec l’administration fédérale qui seront décidées. Cette situation montre bien l’importance d’une aide sous forme de dons car on voit mal comment, en l’absence d’un cadre institutionnel, on pourrait agir avec des prets.


IV. Développement économique futur du Kosovo

Pour le développement économique futur du Kosovo, une série de questions doit etre élucidée concernant le statut de la région du Kosovo et les caractéristiques de son budget (administration internationale, régionale ou partagée avec la République Fédérale de Yougoslavie). Des questions tres concretes se posent telles que l’existence d’une réelle capacité d’emprunt, d’une monnaie, d’une fiscalité ou d’un systeme douanier autonome au sein de la République Fédérale de Yougoslavie.

La Banque Mondiale présentera un premier rapport a cet égard. A ce stade de l’analyse, il s’agit d’une premiere tentative (non chiffrée) de stratégie qui comprend les éléments suivants :

  • Relance de l’économie de l’économie rurale (y compris la reconstruction des habitations rurales).

  • Relance des entreprises et du secteur privé

  • Reconstruction du réseau d’infrastructures

  • Reconstruction des centres urbains

  • Soutien aux institutions et assistance sociale

En conclusion, compte tenu d’incertitudes tant sur les dommages que sur les besoins réels sur le futur économique du Kosovo, cette premiere Conférence des donateurs s’inscrit dans un processus permanent dont la prochaine étape sera le Conférence de « pledging » d’octobre ou il sera possible de distinguer les besoins de reconstruction « physique », « d’institution building » et de développement économique du Kosovo. Le tout sera transcrit dans un plan d’ensemble sur lequel la Commission Européenne et la Banque mondiale travaillent, précisant l’action de chacun des acteurs.


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